Clair obscur est publié aux éditions Climats. Traduit de l’américain par Guillaume Villeneuve.
En 1927 Claire et Irène, deux jeunes métisses, amies d’enfance, se retouvent. Dans l’Amérique de la ségrégation, chacune a suivi un chemin différent. Claire s’est marié avec un Blanc raciste qui ignore ses origines alors qu’Irène s’est fait une place dans la petite-bourgeoisie noire.
Nella Larsen participe du mouvement intellectuel, artistique et littéraire appelé Harlem Renaissance ou New Negro Mouvement qui entre 1919 et les années 30, explore le concept de culture noire et revendique la spécificité et la dignité d’une créativité afro-américaine.
L’auteure, elle-même métisse, elle naît en 1891 à Chicago d’une mère blanche et d’un père noir, originaire des Iles Vierges, tous deux Danois immigrés, était trop "foncée" pour "passer". Passing est en effet le titre anglais de ce roman paru en 1929 qui est le récit d’une femme et blanche et noire. Etre et blanche et noire est possible en "passant" pour l’une ou l’autre. Cette pratique a été identifiée aux Etats-Unis par le concept de passing qui le plus souvent désigne des "sangs mêlés" dont la complexion claire leur permettait de s’identifier à une communauté plutôt qu’à une autre, en général, la société blanche.
Cette présentation est extraite de l’excellente préface de Laure Murat, professeure de littérature du 19ème et du 20ème siècles au Département d’études françaises et francophones à l’Université de Californie à Los Angeles. Ella a publié La loi du genre (Fayard) en 2006 et Passage de l’Odéon (Fayard) en 2003.