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samedi 17 juin 2017

Vernissage de l’exposition de LAURENCE PRAT "Face à face - Portrait de Zanele Muholi" - 18h

Vernissage en présence de l’association les LOCS à qui cette exposition est dédiée.

"FACE À FACE présente une série de 20 portraits photographiques de Zanele Muholi. L’ensemble constitue « un portrait-reportage » de la photographe sud-africaine et de son œuvre.
Dans ma démarche, la personne portraiturée est tout autant « sujet » de son portrait que « le sujet » de mon travail photographique. Je réussis un portrait lorsque le désir de photographier et le désir d’être photographiée se rencontrent. De cet équilibre nait la charge émotionnelle, mentale et esthétique, unique à une œuvre, que la personne photographiée soit connue ou moins connue. J’ai scénarisé cette exposition en relation avec les étapes des recherches et des interrogations de Zanele et de nos échanges, retraçant l’évolution de son œuvre, depuis « Faces and Phases », jusqu’à ses derniers autoportraits qui interrogent la représentation du corps noir dans l’histoire de la photographie : « Somnyama Ngonyama » signifiant en zoulou « Salut à toi, lionne noire ».
Nous nous sommes rencontrées par l’intermédiaire d’une amie commune, alors que Zanele Muholi exposait à Paris, au Grand Palais, dans le cadre de Paris PHOTO en 2011. Zanele réalise des portraits de sa communauté, noire, lesbienne et trans, pour explique-t-elle, documenter et rendre visible, les invisibles dans l’histoire de son pays. (Voir son livre Faces and Phases disponible à Violette and Co).
De mon côté, je réalise des portraits de féministes, artistes, écrivaines, intellectuelles, journalistes, militantes, pour les faire entrer dans l’histoire visuelle de mon pays. ( Voir mon livre auteures / autrices, éd. iXe, également disponible à la librairie).
Le noir et blanc et la couleur.
Zanele travaille essentiellement les portraits de sa série Faces and Phases en noir et blanc et dit d’ailleurs ne voir la vie qu’en noir et blanc. Dans son œuvre, le « noir et blanc » photographique est politique.
Je travaille en couleur. La couleur n’est pas surface, elle est en soi. La couleur est la complexité du monde dans lequel je fais mes choix.
La lumière, un élément central dans l’histoire du portrait.
Zanele photographie en lumière naturelle, avec l’installation de réflecteurs. Les lieux et les fonds derrière les visages sont très étudiés. Les personnes regardent directement l’objectif.
Je préfère photographier en studio. Dans l’histoire du portrait, l’éclairage est genré et diffère selon les femmes et les hommes. En construisant ma lumière, je dépasse ces codes. Le fond disparaît, les regards sont libres.
Nos réflexions se croisent et déclenchent l’envie de se connaître, ce que nous ferons au fil de nos échanges à Paris, pendant plusieurs années." (L. P.)

Laurence Prat
Installée à Paris, tout en continuant son travail artistique, Laurence Prat exerce comme photographe professionnelle pour les entreprises et les institutions, du reportage au portrait, de l’architecture à la nature morte en studio. Ses cours de photographie et la réalisation de portraits s’adressent également aux particuliers.
L’eau, élément dominant du paysage de son enfance, l’ancien lit du Rhône parsemé de petits lacs et de lones est son premier sujet artistique qui l’emmène dans l’univers de la photographie industrielle et institutionnelle. Elle travaille pour des grandes entreprises du secteur de l’eau, à Paris, des usines de production en eau potable jusqu’aux puits, barrages et installations hydrauliques au Cameroun, Rwanda et Sénégal.
Laurence Prat se fait alors une place dans la photographie industrielle à l’ère de l’argentique, portée par le sentiment de créer des images uniques et par la liberté qui naît du rapport qu’elle dit ressentir surdimensionné et vertigineux entre un groupe industriel et une photographe.
Femme dans un métier d’homme, caractérisé par des exigences techniques et physiques comme le cadrage avec une chambre photographique, l’éclairage des grands espaces ou le rééquilibrage des couleurs avec des filtres...
En parallèle, dans son travail artistique Laurence Prat fait apparaître des corps dans l’eau, en transparence puis à travers la couleur. Ses voyages au Moyen-Orient et ses rencontres avec des artistes, femmes et hommes palestinien.nes, lui inspirent l’exposition Portrait / Autoportrait.
Laurence Prat se passionne rapidement pour les évolutions numériques de la photographie. Ces nouvelles technologies et celle du contexte économique font basculer la photographie industrielle de l’« image unique » vers un flux d’images exploitées en grand nombre. L’humain, auparavant surtout présent à travers le portrait de dirigeants, devient le sujet central des reportages. Laurence Prat se perfectionne alors dans la réalisation du portrait individuel, des personnes sur leur lieu de travail
Les grands espaces industriels reviennent dans son travail avec la série H.H., réalisée sur le port de Hambourg et les paysages que traversent les porte-conteneurs depuis l’estuaire de l’Elbe dans la mer du Nord jusqu’au port.
Laurence Prat révèle dans sa recherche personnelle les personnes portraiturées en tant que sujets sous une lumière construite et précise. Ce travail, déjà présent dans Portrait/Autoportrait prend de l’ampleur dans sa série Influx à travers une dimension poétique, libre de tout enfermement stéréotypé. L’exposition auteures/autrices, participe à sa démarche de donner à voir, pour les inscrire dans l’histoire visuelle, des femmes écrivaines en tant que sujets de leur portrait, de leur représentation de soi, au-delà des lumières genrées auxquelles notre regard est si habitué.
Inspirée dans son art par les nouvelles possibilités techniques de la photographie numérique, Laurence Prat les exploite en finesse pour la création des onze tableaux photographiques de sa série Influx. Elle emploie les outils de la « palette graphique » comme les peintres utilisent leur « palette de couleurs » pour intégrer les artistes et intellectuelles, dans des paysages poétiques. Actuellement, elle poursuit l’élaboration de cette technique dans le cadre de son travail en cours sur le jardin d’eau de Claude Monet à Giverny. Face à face est sa troisième exposition présentée à Violette and Co.

Zanele Muholi est une activiste visuelle. Elle est née en 1972 à Umlazi, Durban et vit à Johannesburg. Elle est co-fondatrice du Forum pour l’Empowerment des Femmes – FEW en 2002, et a crée en 2009 Inkanyiso (www.inkanyiso.org) un forum de médias queer et visuelles (activistes).
La mission auto-proclamée de Muholi est de « re-écrire une histoire visuelle trans et queer de l’Afrique du Sud pour faire connaître au monde notre résistance et existence à la lumière des crimes de haine en Afrique du Sud et haut delà ». Elle continue de former et de co-animer des ateliers de photographie pour les jeunes femmes dans les townships.
Muholi a étudié la photographie à The Market Photo Workshop à Newtown, Johannesburg, et a obtenu en 2009 un Master en Beaux-Arts, MFA en Médias documentaires de l’Université de Ryerson, Toronto, au Canada. Elle est professeure honoraire à l’Ecole de Beaux-Arts/ Hochschule für Künste Bremen, en Allemagne. Mondialement reconnue, elle a reçu de nombreux prix et à publié plusieurs livres de ses œuvres.

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