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Exposition de BLANCHE ALBERA et LUCIE LINDER "Violences insidieuses" du 5 avril au 5 mai

PERMANENCE DE BLANCHE ALBERA ET LUCIE LINDER PENDANT L’EXPOSITION : samedi 21 avril de 16h à 19h

C’est dans le partage d’une intimité artistique que Blanche Albera et Lucie Linder confrontent leur sensibilité au travers de l’exposition « Violences insidieuses » du 5 avril au 5 mai 2018 à la Librairie Violette and Co.
Pendant le vernissage, les artistes proposeront une lecture de témoignages avec un accompagnement musical de Imyra Santana.
Les deux artistes ont en commun de mettre en avant une forme de brutalité délicate et poétique des corps et des âmes féminines. Toutes deux transmettent une déchirure de l’intime par la présence abstraite, silencieuse, mais béante du corps. C’est dans une société où tout se sait, se dit, et se montre qu’elles questionnent notre place de voyeur, entre déni de voir et désir de regarder.
L’une s’attaque au sujet dur et tabou du viol, ainsi qu’à d’autres formes de violences , ici vécues dans l’intimité conjugale, l’autre à celles passives et fantomatiques de la beauté issue de nos propres contradictions.
Le parcours de Blanche Albera est varié, tout d’abord artiste plasticienne, elle a été formé à de nombreuses techniques : gravures, maquillage, fresques, mosaïques qui nourrissent son travail créatif. Elle travaille également comme maquilleuse et peintre décoratrice.
Ce sont des peintures,collages et textes qu’elle présente ici, évoquant les différents types de violences visibles et non visible, imperceptibles, qu’on peine à comprendre, à nommer, à accepter. Celles qui plongent dans le déni, la culpabilité, la rage, la folie.
« La violence conjugale, », « Le viol », « Le viol conjugal ou le viol « légal », chassé croisé entre violences morale, psychologique et physique, entre démonstration de domination, caresses meurtrières et berceuses criminelles.
Dans « Le Viol », la jeune artiste est partie de témoignages, choisis sur le site de l’association « Polyvalence », en tentant de s’éloigner d’une réalité trop présente et pourtant démentie elle dénonce la culture du viol et la culpabilité renversée. La fragmentation, la fissure, et le déchirement sont des formes artistiques de sa propre histoire.
Dans la série « La Violence Conjugale », les paroles ambiguës hurlées et gravées en mémoire, s’illustrent par des actes destructeurs.
Dans sa peinture « Le Viol Conjugal ou le viol « légal », cette fois pas de mot, juste le détournement d’un symbole, entre légèreté et lourdeur des actes. Le drap souillé, pièce à conviction du crime, symbole de la possession et /ou de la perte de virginité pendant la nuit de noce est donné à voir.
Lucie Linder, elle, est diplômée de l’École Supérieure d’Art de Lorraine. Elle jongle entre les différents médiums pour mieux les reconnecter (photographie, installation vidéo, sculpture)
Dans ses photographies, elle confronte les matières et les contraires où les plis deviennent des plaies à l’apparition de la lumière, du mouvement et de la trace des différents passages.
Parmi ces figures, elle aspire à une forme d’animalité et de vulnérabilité.
Dans La vidéo « Le portrait ovale » le spectateur est invité à regarder comme un voyeur à travers un petit trou. En référence à celui d’une serrure et à une nouvelle du même titre écrit par Edgar Allan Poe, elle évoque le destin tragique d’une épouse délaissée par son mari obstiné par la perfection de la peinture. Lassée, celle-ci meurt lorsqu’il réalise son portrait. L’obsession pour l’image immortelle et fantasmée prends le pas au détriment du vivant. Les variations de lumières sur ce visage fantomatique et énigmatique affirment la dissonance entre réalité et imaginaire, absence et présence cher à l’artiste.
Les deux plasticiennes laissent ainsi la place aux mots, et aux idées reçues pour leurs redonner sens face aux images et aux sensations. En affichant des définitions objectives en dessous de ces collages viscéraux, Blanche Albera provoquent des décalages en contraste aux douleurs vécues, niées, ou oubliées. En écho, sur des petits miroirs remplis de symboliques, Lucie Linder grave les mots indélébiles de nos désirs collectifs pour requestionner la place du beau dans la condition féminine.
« Le Beau veut instituer un mode qui devienne une loi de groupe ; il veut statuer et il veut exclure. Le beau transporte une implication communautaire ; il est un ordre qui m’est donnée, un filet dans lequel on veut me prendre pour empêcher que mon esprit aille s’exalter où bon lui semble » Asphyxiante culture, Jean DUBUFFET

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