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Exposition d’oeuvres de HOPE MOKDED "Vulvnérable" du 9 février au 10 mars

Ayant fait ses études à l’institut supérieur des Beaux-arts de Tunis en spécialité gravure et ayant continué ses recherche à l’université de Strasbourg, Hope Mokded a axé ses réflexions sur la problématique de la violence invisible, qu’on pourrait définir comme une violence sociétale acceptée, et sur comment, en tant qu’artiste et femme, créer une trace de cette violence afin de rendre celle-ci intelligible.
Dans son exposition « Vulvnerable » à la librairie-galerie VIOLETTE AND CO, elle questionne à travers la vulnérabilité de la vulve, l’ensemble des violences infligées aux femmes, qui sont ici mises en lumière. Ce travail tente de sublimer la supposée laideur des menstruations.
C’est dans cette fragilité qu’apparaît la beauté, niée jusqu’ici dans l’imaginaire collectif, des fluides menstruels comme une possibilité. C’est une réhabilitation de la femme et de son propre corps dans ce qui apparaît être le plus intime.

Sa pratique de peinture est basée sur des instants libres où elle vit une expression à la fois corporelle, en tant qu’immédiateté, et sensorielle par le geste qui est une forme d’extériorisation : on le montre par essence aux autres, on fabrique un mouvement, une communication.
A l’opposé, la touche, sa manière de faire, est une présence de l’extérieur, c’est une relecture subjective par essence. Une expérience de soi qui n’est pas mesurée. Elle utilise le dripping – technique popularisée par Pollock après 1945- qui offre une liberté gestuelle et un rapport direct avec le support et la matière. Cette technique permet de créer des mouvements pendulaires. Le balancement du bras génère des sinuosités sur toute la surface de la toile. Les différentes couleurs, rouge, noir et blanc se mélangent, coulent, et se chevauchent tout en jouant les unes avec les autres. Elle utilise tout son corps, elle imprime ses empreintes de pieds sur le support. Elle laisse une trace, la marque d’une présence.
La relation entre le corps d’artiste et le support relève de l’art corporel. Le corps vécu dans la société moderne tel qu’il est occulté ou nié, joue le rôle d’un révélateur. Il est soumis à l’institution, aux codes, aux mythes, aux rituels sociaux, ludiques, religieux, biologiques ou psychanalytiques.

Michel Foucault définit la norme dans Surveiller et punir comme un « mixte de légalité et de nature, de prescription et de constitution ». La personne se voit donc être qualifiée de « normale » si elle intériorise les règles couramment admises. C’est à ce moment-là que la norme devient caractéristique du pouvoir social disciplinaire. Normaliser aboutit à un contrôle généralisé et incessant des individus assujettis.

Les expériences artistiques de Hope Mokded se veulent à la fois individuelle et collectives, témoignant de la violence faite aux femmes. En Tunisie, pays dont elle est originaire, ce phénomène est tellement grave qu’une femme sur deux est victime de violences conjugales. Désormais la violence faite aux femmes est presque légitime et normalisée, banale et quotidienne. Ainsi, garder le silence après avoir vécu une violence permet de garder la face et entrer dans la norme. C’est ne pas devenir victime.

Exposition du 9 février au 10 mars

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