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mercredi 23 avril 2014

Rencontre avec ELIANE VIENNOT pour la parution de "Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin ! Petite histoire des résistances de la langue française" - 19h

« Le genre masculin ne sera plus regardé, même dans la grammaire, comme le genre le plus noble, attendu que tous les genres, tous les sexes et tous les êtres doivent être et sont également nobles. » Requête des dames à l’Assemblée nationale, article 3 du Projet de décret adressé à la Législative, 1792.

Le long effort des grammairiens pour masculiniser le français a suscité de vives résistances chez celles et ceux qui, longtemps, ont parlé et écrit cette langue sans appliquer des règles contraires à sa logique. La domination du genre masculin sur le genre féminin initiée au XVIIe siècle ne s’est en effet imposée qu’à la fin du XIXe avec l’instruction obligatoire. Depuis, des générations d’écolières et d’écoliers répètent inlassablement que « le masculin l’emporte sur le féminin », se préparant ainsi à
occuper des places différentes et hiérarchisées dans la société. Ce livre retrace l’histoire d’une entreprise à la misogynie affirmée ou honteuse, selon les époques.
Riche en exemples empruntés aux deux camps, il nous convie à un parcours plein de surprises où l’on en apprend de belles sur la « virilisation » des noms de métier, sur les usages qui prévalaient en matière d’accords, sur l’utilisation des pronoms ou sur les opérations « transgenre » subies par certains mots.

L’ouvrage est publié par les éditions iXe.

Éliane Viennot est professeure de littérature française de la Renaissance à l’Université Jean Monnet (Saint-Étienne) et membre de l’Institut universitaire de France. Spécialiste de Marguerite de Valois et d’autres « femmes d’État » de la Renaissance, elle s’intéresse plus largement aux relations de pouvoir entre les sexes et à leur traitement historiographique sur la longue durée. Militante féministe depuis les années 1970, elle s’est notamment investie dans les campagnes pour le droit à l’avortement, pour la parité et pour l’institutionnalisation des études féministes.

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