Rendez-vous

© Violette and Co

Tous droits réservés

mercredi 1er juin 2016

Rencontre avec LEONORA MIANO pour la sortie de son recueil de textes "L’impératif transgressif" - 19h

"Les écrits rassemblés dans ce recueil ont été rédigés à des moments différents, pour répondre à des sollicitations extérieures, ou dans le but d’exprimer une pensée sur des questions importantes à mes yeux. Tous m’apparaissent justifier l’intitulé choisi pour l’ouvrage. En effet, il s’est agi pour moi de poser un regard inhabituel sur certains sujets. L’enjeu fut de révéler ou de proposer des approches subsahariennes, méconnues à mon sens. Il fut aussi d’interroger les pratiques, discursives notamment, au sud du Sahara, afin d’améliorer la prise en compte des singularités de cet espace et de soumettre, modestement, un apport épistémologique.
A travers des réflexions prenant appui sur la littérature, la langue ou l’écriture de l’histoire, c’est à la réhabilitation de la conscience de soi au sud du Sahara que j’espère contribuer. Les rapports de l’Afrique subsaharienne et de la France ou le traitement réservé, dans l’Hexagone, aux personnes d’ascendance subsaharienne sont bien sûr évoqués. Dans la logique panafricaine qui est la mienne, ces questions participent d’un continuum théorique. L’Afrique subsaharienne est aussi une réalité déterritorialisée, une transversalité identitaire, historique et politique. Comme telle, elle est présente dans les espaces diasporiques.
Un des textes de l’ensemble, intitulé Sacrée marginale, semble se détacher un peu des autres. Plus personnel car ancrée dans mon expérience d’auteur en France, il renforce la cohérence de l’ensemble." Léonora Miano

Léonora Miano est née en 1973 à Douala, au Cameroun. C’est dans cette ville qu’elle passe son enfance et son adolescence, avant de s’envoler pour la France en 1991, afin d’y entamer des études universitaires. Elle vit aujourd’hui à Paris.
L’œuvre romanesque de Léonora Miano est travaillée par des thématiques liées aux expériences subsahariennes et afrodescendantes. A travers des personnages dont elle a à coeur de faire saillir l’individualité, l’auteur interroge l’impact de la grande histoire sur la petite. Pour Léonora Miano, il est primordial de s’intéresser à l’intimité de populations souvent envisagées de l’extérieur, vues essentiellement par le biais du corps ou du mouvement. Elle cherche également à restituer les peuples subsahariens et afrodescendants dans la globalité de l’expérience humaine. Chacun peut s’identifier aux tribulations intimes de ses personnages, s’approprier leur voix.
La plupart de ses romans sont édités chez Plon (Ces âmes chagrines, Blues pour Elise, Les Aubes écarlates, Tels des astres éteints, Contours du jour qui vient, L’Intérieur de la nuit). Elle a également publié deux recueils de nouvelles, Afropean soul et autres nouvelles (Flammarion) et Soulfood équatoriale (Nil). Léonora Miano a également écrit un répertoire de chansons en français qu’elle interprète elle-même, intitulé SankofaCry, dans lequel elle explore les émotions des premiers subsahariens déportés pendant la Traite transatlantique.
Elle a obtenu de nombreux prix, parmi lesquels le Goncourt des lycéens en 2006 pour Contours du jour qui vient, le Prix Seligmann 2012 (Prix consacré à la lutte contre le racisme, l’injustice, l’intolérance) pour Ecrits pour la parole, ainsi que le Prix Femina, qui lui est décerné en 2013 pour son roman La Saison de l’ombre (Grasset). Pour l’ensemble de son œuvre, Léonora Miano est lauréate du grand prix littéraire de l’Afrique noire en 2012.

Retour