Rendez-vous

© Violette and Co

Tous droits réservés

mercredi 29 juin 2016

Lancement du livre "L’Académie contre la langue française : le dossier féminisation" en présence de ses auteurs-trices : E. VIENNOT , M. CANDEA, Y. CHEVALIER, S. DUVERGER, A-M. HOUDEBINE - 19h

En trois siècles et demi d’existence, l’Académie a beaucoup travaillé à masculiniser le français. Porte-bannière des partisans du « genre le plus noble », ce vestige de la monarchie absolue mène depuis le milieu des années 1980 une croisade contre la « féminisa­tion », en dépit des besoins langagiers d’une société où l’égalité des sexes progresse – en dépit, surtout, des logiques de la langue française et des évolutions à l’œuvre dans les autres pays francophones. Sans se soucier de remplir le rôle pour lequel l’entretiennent les contribuables, les Immortel·les en habit vert campent sur des positions purement idéologiques, en proférant des sentences qui se veulent paroles d’Évangile alors qu’elles vont à rebours des dynamiques du français. Les « Quarante », il est vrai, ne sont ni grammairiens, ni linguistes, ni philologues – et pas toujours écrivains.

Ce livre retrace cette guerre de trente ans, menée à coup de déclarations aussi péremptoires qu’infondées, réactionnaires et sexistes, face auxquel­les les protestations n’ont pas manqué. Il permet également de faire le point sur les objets de ces controverses, et de comprendre pourquoi la France a fini par entamer sa « révolution langagière »… envers et contre les avis des Messieurs-Dames du Quai Conti.

L’Académie contre la langue française présente d’abord « le Saint Siège » (l’institution elle-même), puis « les Offenses » (les décisions qui l’enragent), « les Points de doctrine » (ses dogmes sacrés), « les Bulles » et « les Exégèses » (ses édits et commandements), « les Suppliques » (adressées en désespoir de cause aux autorités du pays), et « le Chapelet des perles » qui permettra d’apprécier la finesse de ses arguments.

Publié aux éditions iXe sous la direction d’Éliane Viennot (historienne, université de Saint-Etienne), l’ouvrage a été rédigé avec la contribution, singulière et collective, de Maria Candea (sociolinguiste, université de la Sorbonne Nouvelle), Yannick Chevalier (stylistique française, université Lyon 2), Sylvia­ Duverger (lexicographe et journaliste, doctorante à Paris 8), et Anne-­Marie Houdebine (linguistique et sémiologie, université Paris Descartes-Sorbonne).
Audrey Lasserre (histoire de la littérature) y a apporté sa contribution.
Louise Labé la Lyonnaise lui a aimablement prêté son concours.

Retour